La Transmission contre la soumission

Le pédagogisme qui, de réformes en réformes, écarte de l’enseignement public des œuvres et des disciplines qui eussent donné aux «  héritiers  » (selon le fallacieux concept bourdieusien) une chance d’exceller, en réserve ainsi la connaissance à ces mêmes héritiers qui ne la recevront plus que du cercle familial. Aux autres, le «  socle commun  » et l’évaluation par pastilles colorées… On comprend bien que ce n’est pas l’inégalité dans la réception des œuvres de notre tradition française et européenne qui est en cause, mais la transmission même, en soi, qui est jugée néfaste. Mais néfaste à quoi ? Le plus simplement du monde, à cette bêtise qui favorise la soumission. Comment faire d’un jeune homme qui serait entrée en conversation avec les œuvres d’Homère, de Virgile, d’Épictète ou de Marc-Aurèle le docile consommateur globalisé et ce traître absolu à sa langue et à sa tradition qui est nécessaire aux desseins de la servitude?

Luc-Olivier d’Algange – Journal désinvolte

    L’école moderne nous prépare à la servitude, car elle nous prépare à bien nous intégrer dans le système capitaliste et la moralité bourgeoise. L’école ne nous enseigne pas l’indépendance d’esprit, elle nous enseigne à être les rouages bien huilés d’un système de plus en plus mondialisé où les hommes sont de plus en plus indifférenciés. À quoi bon le stoïcisme d’un Marc-Aurèle si l’idéal de l’homme est quantifiable.