Georges Bernanos – Extrait 2

Georges Bernanos – Extrait 2

L’homme d’autrefois ne ressemblait pas à celui d’aujourd’hui. Il n’eût jamais fait partie de ce bétail que les démocraties ploutocratiques, marxistes ou racistes, nourrissent pour l’usine et le charnier. Il n’eût jamais appartenu aux troupeaux que nous voyons s’avancer tristement les uns contre les autres, en masses immenses derrière leurs machines, chacun avec ses consignes, son idéologie, ses slogans, décidés à tuer, résignés à mourir, et répétant jusqu’à la fin, avec la même résignation imbécile, la même conviction mécanique : « C’est pour mon bien… c’est pour mon bien… » Loin de penser comme nous, à faire de l’État son nourricier, son tuteur, son assureur, l’homme d’autrefois n’était pas loin de le considérer comme un adversaire contre lequel n’importe quel moyen de défense est bon, parce qu’il triche toujours. C’est pourquoi les privilèges ne froissaient nullement son sens de la justice; il les considérait comme autant d’obstacles à la tyrannie, et, si humble que fût le sien, il le tenait — non sans raison d’ailleurs — pour solidaire des plus grands, des plus illustres. Je sais parfaitement que ce point de vue nous est devenu étranger, parce qu’on nous a perfidement dressés à confondre la justice et l’égalité. Ce préjugé est même poussé si loin que nous supporterions volontiers d’être esclaves, pourvu que personne ne puisse se vanter de l’être moins que nous. Les privilèges nous font peur, parce qu’il en est de plus ou moins précieux. Mais l’homme d’autrefois les eût volontiers comparés aux vêtements qui nous préservent du froid. Chaque privilège était une protection contre l’État. Un vêtement peut être plus ou moins élégant, plus ou moins chaud, mais il est encore préférable d’être vêtu de haillons que d’aller tout nu. Le citoyen moderne, lorsque ses privilèges auront été confisqués jusqu’au dernier, y compris le plus bas, le plus vulgaire, le moins utile de tous, celui de l’argent, ira tout nu devant ses maîtres.

Georges Bernanos – La France contre les robots

Georges Bernanos – Extrait 1

Georges Bernanos – Extrait 1

Qu’il s’intitule capitaliste ou socialiste, ce monde s’est fondé sur une certaine conception de l’homme, commune aux économistes anglais du XVIIIe siècle, comme à Marx ou à Lénine. On a dit parfois de l’homme qu’il était un animal religieux. Le système l’a défini une fois pour toutes un animal économique, non seulement l’esclave mais l’objet, la matière presque inerte, irresponsable, du déterminisme économique, et sans espoir de s’en affranchir, puisqu’il ne connaît d’autre mobile certain que l’intérêt, le profit. Rivé à lui-même par l’égoïsme, l’individu n’apparaît plus que comme une quantité négligeable, soumise à la loi des grands nombres; on ne saurait prétendre l’employer que par masses, grâce à la connaissance des lois qui le régissent. Ainsi, le progrès n’est plus dans l’homme, il est dans la technique, dans le perfectionnement des méthodes capables de permettre une utilisation chaque jour plus efficace du matériel humain.

Georges Bernanos – La France contre les robots

Maître Eckhart – Extrait 3

Maître Eckhart – Extrait 3

Le pauvre qui reçoit touche Dieu de plus près que ne le fait celui qui donne cent marks au nom de Dieu.

Car celui qui donne réjouit et honore sa nature, mais celui qui reçoit réprime et méprise la sienne.

On célèbre beaucoup celui qui donne pour ce qu’il a donné. Mais le pauvre, on le méprise et le réprouve pour ce qu’il a reçu.

Maître Eckhart – Les Dits de Maître Eckhart

Maître Eckhart – Extrait 2

Maître Eckhart – Extrait 2

En ceci réside toute perfection : savoir tout souffrir volontiers, joyeusement et librement, avec bonne humeur, tranquillité et sérénité – aussi bien la pauvreté, la misère, la honte, l’adversité que tout ce qui peut nous arriver en toute sorte de nécessité.

Et demeurer ainsi jusqu’à la mort, sans nul pourquoi.

Maître Eckhart – Les Dits de Maître Eckhart

Maître Eckhart – Extrait 1

Maître Eckhart – Extrait 1

Jamais il n’y eut plus grand héroïsme, plus grande guerre, plus grand combat que de s’oublier et de se renoncer soi-même.

Maître Eckhart – Les Dits de Maître Eckhart

Assoyez-vous sur une chaise pas trop confortable, le dos et la tête bien droite, fermez les yeux et concentrez-vous sur votre respiration sans toutefois tenter de la contrôler. Il faut que votre attention soit entièrement sur votre respiration tout en étant détachée de celle-ci. Si vous sentez un inconfort prenez-en conscience puis changez votre position, il ne faut pas que vous bougiez simplement par réflexe.

En vous concentrant sur votre respiration vous serez submergés par toutes sortes de pensées, le combat intérieur commence ici, il faut faire taire ces pensées qui sont les différentes voix de votre ego.

Vous ne tiendrez pas deux minutes et je vous comprends.