Chief A. Eastmann – Extrait

Chief A. Eastmann – Extrait

« Quiconque a beaucoup vécu dans la nature vierge sait qu’il y a une force magnétique qui augmente dans la solitude et se dissipe vite dans la vie parmi les hommes ; et même les ennemis de l’Indien d’Amérique ont reconnu qu’aucun autre homme ne l’égale au point de vue de la force innée, ou de l’équilibre qui reste impassible dans toute ambiance… C’est la vérité pure et simple que l’Indien, aussi longtemps qu’il restait sous l’influence des idées de sa race, regardait les grande acquisitions de l’homme blanc sans aucune envie et n’avait aucun désir de les imiter… Il les méprisait, comme un esprit élevé, qui est tout absorbé par une œuvre difficile, méprise le lit trop mou, la jouissance de mets délicats et les amusements superficiels d’un riche voisin. Il était persuadé que la vertu et le bonheur sont indépendants de ces choses, et peut-être même incompatibles avec elles… Il trouvait révoltant et presque inconcevable, qu’il y eu parmi ces gens qui prétendaient lui être supérieurs, beaucoup d’impies… Les historiens de la race rouge doivent reconnaître que ce ne fut jamais l’Indien qui rompait le premier son serment… L’ancien Indien combinait sa fière allure avec une modestie toute particulière. La prétention spirituelle lui était inconnue de par sa nature et son éducation… Il n’y avait qu’un seul devoir inévitable : …la reconnaissance quotidienne de l’Invisible et de l’Éternel. » – Ch. A. Eastmann

Frithjof Schuon – Shinto Bouddhisme Yoga – Extrait I

Frithjof Schuon – Shinto Bouddhisme Yoga – Extrait I

« Tel auteur n’attache aucune importance aux déclarations indiennes confirmant, au début du XIXe siècle, l’existence immémoriale de l’idée d’un Esprit suprême, et pour prouver que cette idée n’est qu’une abstraction importée par les Blancs, il cite le fait suivant, datant d’une époque (1701) où les mêmes Peaux-Rouges n’avaient pas encore subi d’influence blanche : « Au cours de la conversation (William) Penn pria l’un des interprètes des Lénapé (Delaware) de lui expliquer l’idée que se font les autochtones de Dieu. L’Indien était embarrassé, il chercha en vain des mots et dessina enfin une série de cercles concentriques sur la terre ; et montrant le centre, il ajouta que c’est là que se situe symboliquement le lieu du Grand Homme. » (Werner Muller, Die Religionen die Kardinalpunkte.) On ne saurait fournir une preuve plus patente d’incompréhension que l’argument qu’on entend tirer de ce récit, à savoir que pour le Delaware Dieu était un dessin ; donc quelque chose de « concret » et non une « abstraction »! (…) Quand on ignore et le symbolisme et la mentalité symboliste, on ferait évidemment mieux de na pas s’occuper de symboles du tout. » ~ Frithjof Schuon – Shinto Bouddhisme Yoga pp. 10-11